Le quai
Il pleut, la rando est annulée, c’est la punition.
Alors on prend l’air sur la Via Venaissia, les pieds presque au sec sur le bitume. On croise des vélos, des enfants, les copains avec qui on courait autrefois.
Et puis on se souvient.
Le parfum de la tomate chaude qui embaumait les rues et qui reste gravé dans la mémoire de tant de Sarriannais.

Un héritage collectif, une époque dont on perçoit encore l’écho sans pourtant l’avoir connue.


« C’était comment à l’intérieur, maman ? » — « Il y avait un guichet et un gros meuble en bois. Ici, je venais apporter des factures pour ton grand-père. »



Ici, le train passait.

Aujourd’hui, il n’y a plus de rails, plus de traverses ni de ballast.
Le train ne passera plus.
Alors on rêve au jour où, peut-être, le quai de gare renaîtra, porteur d’un beau projet qui prolongera notre histoire commune.

Finalement, c’était une bien belle rando…